La canicule, la crainte des locataires des passoires énergétiques

locataire assise souffrant de la canicule en buvant un verre d'eau

La météo et ses températures augmentant à toute vitesse, les écarts d’isolation se font durement sentir dans les logements. Un logement peut échouer à protéger ses habitants des variations climatiques. Il laisse alors passer le chaud comme le froid selon les saisons. On parle dans ce cas de passoire énergétique ou thermique. Ainsi, en temps de canicule, la chaleur devient la crainte première des locataires de passoires énergétiques.

Depuis plusieurs étés, le thermomètre grimpe drastiquement. Dans les habitations les moins bien isolés aussi. Mais quels sont exactement les impacts de ce phénomène ?

Qu’est-ce qu’une passoire énergétique ?

Les passoires énergétiques sont des logements qui, d’après les services publics, sont classés F ou G par le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique). Ces habitations disposent généralement d’une mauvaise isolation. Ce qui entraîne notamment une consommation excessive de chauffage. 

En effet, le DPE et la notion de passoire énergétique sont surtout associés aux inconforts du froid en hiver. Toutefois, il est important aujourd’hui de regarder aussi les inconforts de la chaleur en été avec des températures qui dépassent de plus en plus les 40 °C dans les villes. De ce fait, l’isolation joue aussi un rôle crucial en été : lorsqu’elle est défaillante, elle laisse la chaleur s’inviter durablement dans les biens. On parle alors de « bouilloire thermique ».

L’étude Logements bouilloires 2026 de la Fondation pour le Logement rapporte d’ailleurs que : « 1 logement sur 2 est une bouilloire thermique, dont l’indicateur de confort d’été est inscrit comme « insuffisant » sur le DPE. »

En période estivale, c’est donc un Français sur deux qui voit sa santé et ses finances menacées par l’état de son logement.

Quels sont les impacts lors d’une canicule ?

L’impact financier

Qu’il fasse chaud ou froid, une habitation insuffisamment isolée ne protège pas des températures extérieures. Cela contraint les locataires à recourir à des équipements très énergivores pour compenser. En période de forte chaleur, ce sont les ventilateurs et la climatisation qui sont de mise.

Cependant, certains ménages n’ont pas les moyens de s’offrir ces appareils qui, de surcroît, font considérablement grimper la facture d’électricité.

L’impact sur la santé

Le budget n’est pas l’unique problème. Sans système de rafraîchissement adapté, les fortes températures intérieures mettent l’organisme à rude épreuve. Chez les personnes qui supportent mal la chaleur, divers symptômes peuvent rapidement apparaître :

  • Déshydratation
  • Irritations et éruptions cutanées
  • Gonflement des jambes (insuffisance veineuse)
  • Crampes musculaires
  • Malaises

Quelles parties de la population sont concernées ?

D’après une étude de la fondation pour le logement, les personnes les plus vulnérables seraient premièrement, les habitant de quartier populaire. 59 % des habitants des quartiers prioritaires souffrent de la chaleur dans leur logement en été. Des zones fortement minéralisées et bétonnées aggravent notamment les phénomènes d’îlots de chaleur.

La chaleur excessive désavantage également les locataires d’appartement, qui courent 3 fois plus de risques d’en souffrir. La chaleur touche particulièrement les locataires en France métropolitaine et les occupants de studios. Le risque culminant pour les petits logements situés aux derniers étages, sous les toits. En tant que locataires, ces habitants n’ont par ailleurs pas la capacité technique ou financière d’engager des travaux d’adaptation. 

Les ménages à faibles revenus sont, eux aussi, grandement touchés par la chaleur. La chaleur estivale touche deux fois plus les foyers appartenant aux 20 % les plus pauvres que les 20 % les plus riches (35 % contre 18 %). En France, cette précarité d’été atteint 64 % chez les bénéficiaires du chèque énergie. 

Il faut donc retenir, qu’une partie de la population peut parfois cumuler un ou plusieurs de ces paramètres. On peut notamment retrouver les personnes âgées, qui vivent dans un appartement ancien, physiquement sensibles à la chaleur, et qui peuvent avoir des revenus moindres au moment de la retraite. Les étudiants sont néanmoins une grande cible car, ayant un revenu restreint, n’habitent pas toujours dans les quartiers les plus arborés et végétalisés, mais aussi dans des studios de petite taille qui sont régulièrement des passoires énergétiques.

Quel est le cadre légal en 2026 ?

Un enjeu réglementaire

Face à l’intensification des vagues de chaleur, l’adaptation des habitations devient un enjeu réglementaire majeur. Voici un état des lieux factuel des textes en vigueur, des obligations légales actuelles et des débats parlementaires au cours de l’année 2026.

Depuis le décret hygiène et salubrité de 2023, l’article R.1331-33 de ce code impose en effet que chaque logement soit pourvu d’un système de régulation de la chaleur fonctionnel et suffisant. Cette conformité thermique peut être assurée par l’isolation, la présence de volets ou encore la possibilité de mettre en place une surventilation nocturne.

Aide à la rénovation

Le Plan National d’Adaptation au Changement Climatique, publié en mars 2025, il indique qu’accompagné du parcours MaPrimeRénov’ en France métropolitaine, les dépenses pour ses installations éligibles aux aides financière.

En parallèle de ces chantiers de rénovation, la législation encadre déjà de façon stricte les nouvelles installations individuelles de rafraîchissement. L’article qui développe ses sujets est l’article 30 de l’arrêté du 3 mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des bâtiments existants. Il prévoit que : lorsqu’un système de climatisation est installé ou remplacé dans une habitation, la réglementation existante oblige le propriétaire à poser simultanément des protections solaires sur toutes les fenêtres exposées à l’Est, à l’Ouest et au Sud.

Afin d’élargir ces obligations et de mieux protéger les occupants, un projet de loi n° 1735, visant à adapter les logements aux fortes chaleurs et à protéger leurs occupants, a été déposée en juillet 2025 à l’Assemblée nationale. Plus de 150 députés issus de 8 groupes politiques y ont participé. Ce texte vise notamment à instaurer un droit pour les locataires d’exiger des volets extérieurs, à rendre obligatoire l’affichage de l’indicateur d’été sur les annonces immobilières et à interdire les coupures d’électricité tout au long de l’année pour des raisons sanitaires. Toutefois, en 2026, l’inscription de ce projet de loi à l’ordre du jour des débats n’a pas été accordée.

Professionnels de l’immobilier, vous avez envie de vous lancer en gestion locative, mais craignez les évolutions régulières qui impactent le secteur ? Gest’in est un spécialiste du métier et accompagne de nombreux professionnels en France avec un service de gestion externalisé. 

Notre équipe permet aux agents commerciaux et agences immobilières, de développer un portefeuille de lots en nourrice ou en délégation en back-office. Julie est à votre écoute pour en savoir plus ! 

Share This